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Notre séjour à      logo pris sur le site du SLPL

par Laval Roy


carte prise sur le site du SLPLSierra Llorona Panama Lodge (SLPL) est situé du côté Caraïbe du Panama et à l'Est du canal de Panama. De l'aéroport de Tocumen (près de Panama city), il faut compter environ une heure pour atteindre la route indiquée "Santa Rita Arriba". Cette pancarte se trouve du côté droit de la route principale menant à Colon (Carretera Transistmica Boyd-Roosevelt). Cet embranchement se retrouve après le 4ième pont, dépassé une grosse cimenterie à droite. Si nous nous rendons à Sabanita, c'est que nous avons dépassé la petite affiche. Il faut avoir l'oeil ouvert, car ce n'est pas très évident, du moins pour la première fois. En règle générale, les routes sont bien entretenues et la circulation est assez fluide. La vitesse moyenne se situe aux alentours de 80 km à l'heure. À partir de l'embranchement de la route vers SLPL, il faut compter une vingtaine de minutes pour couvrir les derniers 4.5 km, car l'état de la route se détériore rapidement, à mesure que nous nous approchons de l'auberge. À vrai dire, un véhicule juché haut est obligatoire puisque les pluies très fréquentes creusent des sillons parfois assez profonds. Un véhicule bas pourrait ne pas être capable de circuler. Pour cette raison, la plupart des véhicules rencontrés sur cette route était du genre "jeep", camion, camionnette ou autobus. SLPL travaille présentement pour corriger la situation et Gonzalo m'a confirmé que des travaux étaient en cours pour corriger le tout (20 Avril 2002).

On pourrait traduire sierra llorona par "la montagne pleureuse". En fait, elle porte bien son nom puisque la pluie est fréquente à cet endroit. La saison sèche s'étend de Décembre à Avril, avec une accalmie en Août-Septembre. Mon ami Guy Poisson était là à la fin Décembre 2001 et il a plu abondamment durant les trois jours passés dans la région. En 2001, la saison des pluies s'est malheureusement étirée d'un mois. Par contre, lors de notre visite deux mois plus tard, on a eu un séjour de deux semaines très sec et ensoleillé. Cette pluie donne à la forêt environnante une végétation plus luxuriante que celle rencontrée le long des côtes (forêt tropicale sèche). Je comparerais cette végétation à celle rencontrée vers les 1000 mètres sur le versant Caraïbe du Costa Rica. Ceux et celles qui connaissent le Rancho Naturalista vont pouvoir se donner une très bonne idée. Pas très étonnamment d'ailleurs, on retrouve le même écosystème où se rencontrent souvent des "army ant swarm" et les espèces typiques d'oiseaux qui les suivent. La température annuelle moyenne se situe entre 23 et 27 C (73 et 81 F). Lors de notre séjour, il faisait encore 26 C vers les 19h00. Mais un bon vent en provenance de l'Atlantique venait rendre les journées et les nuits très agréables.

photo prise sur le site du SLPLJ'ai bien aimé le site même du SLPL. Gonzalo et son équipe ont tracé des sentiers balisés qui permettent des belles trouvailles. Les sentiers El Colibri et La Poza permettent une randonnée de quatre km en pleine forêt tropicale. Les abords immédiats de l'auberge sont assez productifs aussi puisque, du haut des 300 mètres où se situe SLPL, nous avions une vue imprenable sur la canopée de la forêt environnante, sur une partie du lac Gatun, sur la ville de Colon au loin, sur la pointe de Galeta et sur l'entrée Nord du canal de Panama. Le terrain privé de SLPL couvre 200 hectares de forêt tropicale pluvieuse où abondent les vignes, les orchidées, les broméliacées, les épiphytes, les mousses et les lichens. Grâce à Saïda, la guide locale au SLPL, nous avons pu apprécier les richesses botaniques de l'endroit.

Pour en connaître davantage sur SLPL, je vous invite à aller consulter leur site web.

Comme c'était mon premier voyage au Panama, je voulais vraiment prendre le temps de fouiller le coin du canal de Panama. C'est avec cette idée en tête que j'ai décidé de demeurer au SLPL pour les deux semaines. Cet auberge servirait de camps de base et nous rayonnerions vers différents endroits à tous les jours. Cette façon de procéder à des avantages et des inconvénients. Si nous choisissons bien l'endroit pour son emplacement stratégique, pour son potentiel ornithologique et si nous avons la chance de tomber sur des hôtes très accommodants, alors là nous sommes en affaires. Si par contre, nous rencontrons des problèmes de logistique ou si nos hôtes ne sont pas à l'écoute de nos besoins, alors là les deux semaines risquent d'être très longues. Car, il faut bien l'avouer, les ornithologues à l'étranger ne sont pas trop trop reposants. J'avais prévenu Gonzalo que nous allions là pour voir des oiseaux et que nous serions prêts à faire quelques sacrifices, comme des levers tôt et des boites à lunch à tous les jours. Il m'avait alors assuré de son entière coopération et il a tenu parole sur toute la ligne.

En général, notre journée typique débutait par un lever à 3h45 et un déjeuner à 4h15. Départ vers les 5h00 et retour au SLPL entre 17h00 et 19h00. Ceci nous assurait d'être sur le site d'observation entre 6h00 et 6h30, soit à l'heure optimale pour être certain de ne rien manquer. Cet horaire peut paraître excessivement demandant sur le plan physique, et il l'est, mais il est également le gage d'une liste de coches bien remplie le soir venu.

Nous avons passé deux journées complètes sur le site du SLPL. Le lendemain de notre arrivée au Panama, soit le dimanche 3 Mars, et le samedi suivant, le 9 Mars, alors que l'autobus allait accompagner les six participants qui quittaient après la première semaine. Ces deux journées nous ont permis de mesurer la diversité des espèces sur ce site.

La vie nocturne est assez active avec la présence des Mottled Owl, Crested Owl et Black-and-white Owl. Nous avons entendu au moins une de ces espèces à tous les jours. Avec de la persévérance, nous avons pu voir le Mottled Owl à deux reprises et le Black-and-white Owl à une reprise. Les ibijaux étaient bien représentés avec le Great Potoo et le Common Potoo. Les deux entendus fréquemment. Les tinamous étaient aussi là avec le Great Tinamou et le Little Tinamou, encore là seulement entendus. Le Common Pauraque était observé à tous les matins, alors que nous dévallions la côte en autobus.

Le fait que nous soyions à flanc de colline, nous aidait énormément pour observer les rapaces. Nous avons eu droit à de beaux passages migratoires de Plumbeous Kite, alors qu'une dizaine d'individus tourbillonnaient dans le ciel, en compagnie d'urubus et de buses. Les autres rapaces observés: le Broad-winged Hawk, le White Hawk, le Sharp-shinned Hawk, le Collared Forest-Falcon, le American Swallow-tailed Kite, le Double-toothed Kite, le Turkey Vulture, le Black Vulture et le King Vulture.

SLPL entretient des abreuvoirs à colibri et ceux-ci attirent quatre espèces: le White-necked Jacobin, le Long-tailed Hermit, le Blue-chested Hummingbird et le Crowned Woodnymph. Nous avons pu observer ces quatres espèces assez facilement sur le terrain de l'auberge.

sur la galerie du SLPL

Un repos bien mérité en attendant le souper. De gauche à droite, rangée avant: Réal Bisson et Johanne Barrette; rangée du fond: Laval Roy, Marcel Léonard, Pierre Bannon et Liette Dupuis. Photo: Alice Desrochers, le 14 Mars 2002.


De belles surprises nous attendaient dans les sentiers. Mon coup de coeur va au duo formé par le Bicolored Antbird et le Ocellated Antbird. Ces deux espèces sont, dans le jargon de terrain, des P.A.F. (Professional (Army) Ant Followers). Aussi, quand Saïda nous a dirigé vers une troupe de plusieurs milliers de fourmis légionnaires, il était de mise de rencontrer ces deux espèces rarement observées. Les oiseaux étaient très vocaux et très actifs tellement il y avait de la bouffe à se mettre sous le bec. Il faut rappeller ici que les espèces qui suivent les "Army ant swarm" ne le font pas pour se nourrir des fourmis, mais bien pour s'emparer des insectes que le passage des fourmis voraces font fuir. Rien n'échappe aux fourmis légionnaires: scorpions, mille-pattes, sauterelles... À un moment donné, j'étais tellement absorbé à chercher les oiseaux que je ne me suis pas aperçu que j'étais entouré de fourmis. J'étais en pantalon long et les fourmis se promenaient sur mes bottes de marche et quelques unes avaient grimpé sur le bas des pantalons, en dessous du genoux. Je n'ai jamais été piqué et j'avais lu d'ailleurs dans un livre traitant de ces fourmis que c'était leur comportement habituel.

Voici la liste des autres espèces observées ou entendues sur le site:

Pale-vented Pigeon, Short-billed Pigeon, White-tipped Dove, Red-lored Amazon, Blue-headed Parrot, Brown-hooded Parrot, Short-tailed Swift, Lesser Swallow-tailed Swift, Black-throated Mango, Rufous Motmot, White-whiskered Puffbird, Chestnut-mandibled Toucan, Keel-billed Toucan, Black-cheeked Woodpecker, Red-crowned Woodpecker, Lineated Woodpecker, Plain-brown Woodcreeper, Cocoa (Buff-throated) Woodcreeper, Western Slaty-Antshrike, Chestnut-backed Antbird, Pied Puffbird, Tropical Kingbird, Eastern Kingbird, Social Flycatcher, Boat-billed Flycatcher, Sulphur-bellied Flycatcher, Yellow-margined Flycatcher, Yellow-bellied Elaenia, Lesser Elaenia, Dusky-capped Flycatcher, Ruddy-tailed Flycatcher, Southern Bentbill, Yellow-crowned Tyrannulet, Bright-rumped Attila, Red-capped Manakin, Black-and-white Swallow, Southern Rough-winged Swallow, Southern House Wren, Song Wren, Clay-colored Thrush, Long-billed Gnatwren, Lesser Greenlet, Tennessee Warbler, Hooded Warbler (rare), Bay-breasted Warbler, Black-and-white Warbler, Scarlet Tanager, Summer Tanager, Northern Oriole, Green Honeycreeper, Blue Dacnis, Shining Honeycreeper, Plain-colored Tanager, Golden-hooded Tanager, Palm Tanager, Blue-gray Tanager, Black-striped Sparrow, Blue-black Grosbeak, Yellow-faced Grassquit, Giant Cowbird.

Notre séjour au SLPL a été fantastique pour tout le monde. La nourriture était très bonne (autant sur la table que dans la boîte à lunch) et nous avons tous apprécié l'amabilité des employés. Nous nous sentions comme des vrais rois dont le principal devoir était d'aller répertorier les oiseaux de leur royaume. On s'est d'ailleurs très bien acquitté de cette tâche.





Le matin du départ, de gauche à droite: Alice Desrochers, Laval Roy, Maribelle, Darien Montanez, Ida et Gonzalo. Photo: Marcel Léonard, 16 Mars 2002.






Ce site a été créé le 20 Avril 2002

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