Passion
Plume ©
Le PANAMA
PRÉSENTATION
La république du Panama est un pays situé sur l'isthme reliant l'Amérique du Sud à l'Amérique centrale. Traversé par le canal de Panama, le pays est limité
au Nord par la mer des Caraïbes, à l'Est par la Colombie, au Sud par l'océan Pacifique et à l'Ouest par le Costa Rica. Sa superficie est de 75,517 km carrés.
La capitale et plus grande ville est Panama city.
LE PAYS ET SES RESSOURCES
Relief et hydrographie
Le Panama est coupé dans sa longueur par plusieurs chaînes montagneuses. La Sierra de Tabasara pénètre dans le pays par l'Ouest. Son altitude moyenne est de 1525 mètres, et son plus haut sommet, le Baru, un volcan éteint, atteint 3,475 mètres. À l'Est du canal, la Sierra de San Blas et la Serrania del Darien, plus basses, ont une altitude moyenne de 915 mètres environ et sont presque entièrement
situées à l'intérieur du pays. La région comprise entre les deux systèmes montagneux est formée de collines de 100 à 450 mètres de hauteur, de vallées fertiles bien arrosées et de plaines. Elle est entièrement couverte de forêts touffues et surmontée de crêtes, d'arêtes et, par endroits, de plaines et de hauts plateaux. Depuis les deux chaînes se déversent environ 325 rivières et cours d'eaux qui rejoignent
le Pacifique et 150 qui descendent jusqu'à la mer des Caraïbes. Le principal fleuve est le Tuira, qui se jette dans le golfe de San Miguel, sur la côte Pacifique. Un autre grand fleuve, le Chagres, qui prend sa source dans le centre du pays, a été barré pour former le lac Gatun, qui communique avec le canal de Panama. La bande étroite (90 km au minimum) que forme le Panama s'élargit au centre Sud dans
la péninsule d'Azuero, qui ferme le golfe de Panama. Celui-ci abrite l'archipel des Perles, qui est constitué de 100 petites îles d'une superficie totale de 1,165 km carrés.
Climat
Le Panama jouit d'un climat tropical avec des températures moyennes annuelles allant de 23 à 27 degrés Celsius dans les régions côtières. Dans l'intérieur, à haute altitude, la température moyenne est de 19 degrés Celsius. La saison des pluies dure d'avril à décembre. Sur la côte de la mer des Caraïbes, les précipitations annuelles sont de 2970 millimètres; elles sont d'environ 1,650 millimètres sur la façade Pacifique.
Flore et faune
La végétation du Panama varie avec la pluviométrie. Le versant Caraïbe et l'Est du pays sont couverts d'une forêt vierge tropicale, sous laquelle se trouve une végétation luxuriante composée de joncs, de fleurs tropicales et d'une grande diversité de graminées sauvages. Le versant Pacifique, au climat plus sec, est couvert d'une végétation relativement clairsemée avec des forêts décidues et des savanes.
Plus de 2,000 espèces de plantes tropicales ont été répertoriées.
La faune panaméenne comprend la plupart des espèces d'Amérique du Sud, dont le puma, l'armadillo, l'ocelot, le fourmilier, le singe-araignée, le paresseux et le cerf. Les principaux reptiles sont l'alligator, le crocodile et divers serpents. Les oiseaux tropicaux abondent, de même que les canards et d'autres oiseaux migrateurs que l'on retrouve en Amérique du Nord. La liste officielle du pays compte 950 espèces différentes d'oiseaux. Les espèces de poissons sont également nombreuses.
POPULATION ET SOCIÉTÉ
Démographie
En 1998, la population du Panama était estimée à 2,735,943 habitants, soit une densité de 36 habitants au km carré. Le taux de fécondité était de 2,8 enfants par femme. L'espérance de vie à la naissance était d'environ 71.7 ans pour les hommes et 77.3 ans pour les femmes. Le taux d'urbanisation ne dépasse pas 57%. En fait, le quart des panaméens vivent dans les deux principales agglomérations, Panama city et Colon. La population
du pays est composée à plus de 75% de métis (d'origine amérindienne et européenne) et de mulâtres (issus d'Africains et d'Européens), et d'environ 6% d'Amérindiens de souche -- surtout des Cunas, des Guaymis et des Chocos -- le reste étant d'origine asiatique, africaine ou européenne.
Découpage administratif et villes principales
Le Panama est divisé en neuf provinces et un territoire spécial, Comarca de San Blas. La capitale, Panama city, compte environ 950,000 habitants, suivie par Colon (158,935 habitants), à l'extrémité Nord du canal de Panama, et David (115,173 habitants), ville agricole située près de la frontière du Costa Rica.
Langue et religion
La langue officielle est l'espagnol, mais l'anglais est également très employé. Environ 84% de la population est catholique. La constitution ne prévoit pas explicitement la séparation de l'Église et de l'État, mais garantit la liberté de religion.
Éducation
Au Panama, l'éducation est gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 15 ans. Le taux d'alphabétisation est de 90.8% . En 1996, 80,962 étudiants étaient inscrits aux deux universités du pays, l'université de Panama (1935) et l'université de Santa Maria La Antigua (1965), qui se trouvent toutes deux dans la ville de Panama city.
Culture
La culture panaméenne est un mélange de traditions espagnoles, africaines, amérindiennes et nord-américaines. Le carnaval, qui se tient pendant les quatre jours précédant le carême, est l'occasion de faire revivre ces traditions populaires. On y danse notamment le tamborito, accompagné de claquements de mains et de tambourins, et la cumbia, qui est d'origine africaine.
Le site archéologique de Coclé, situé au Sud-Ouest du canal de Panama, a livré de très beaux objets (dont des bijoux en or parfois incrustrés de pierres précieuses et semi-précieuses), dont certains remontent à 800 après J.-C. Le musée de l'Homme, fondé dans la ville de Panama city en 1976, abrite une belle collection d'objets archéologiques et ethnologiques.
Institutions et vie politique
Le Panama est gouverné d'après une constitution adoptée en 1972 et entièrement révisée en 1983. Le chef de l'État est un président élu au suffrage universel, en même temps que deux vice-présidents, et assisté d'un cabinet. Au cours des années 1980, les forces armées ont participé de près au gouvernement et le commandant en chef a joué un rôle déterminant dans les décisions de l'exécutif. Le Panama dispose d'une
Assemblée de 67 membres élus pour cinq ans au suffrage direct.
Le plus haut tribunal du Panama est la Cour suprême de justice, qui est composée de neuf juges nommés pour dix ans. Le système judiciaire du pays comprend également des hautes cours, des tribunaux provinciaux et des tribunaux municipaux. Chacune des neuf provinces panaméennes est administrée par un gouverneur nommé par le président.
L'élection présidentielle de mai 1994 a porté au pouvoir le candidat du Parti révolutionnaire démocratique Ernesto Perez Balladares, contre la candidate de l'Alliance démocratique Mireya Moscoso, veuve de l'ancien président Arnulfo Arias, et contre le chanteur Ruben Blades, du parti Papa Egoro. Le référendum d'août 1998 a empêché Perez Balladares de briguer
un second mandat et à l'issue des élections de mai 1999, Mireya Moscoso a remporté la présidence.
L'armée panaméenne, qui servait également de principale force de police du pays, comptait environ 15,000 hommes à la fin des années 1980. Démantelée par l'invasion américaine de décembre 1989, elle fut reconstituée avec l'aide des États-Unis mais, à la suite d'une tentative de coup d'État militaire, elle fut dissoute par le gouvernement en 1991.
En 1993, les forces armées publiques comprenaient un total de 11,800 hommes, dont 11,000 dans la police nationale et un petit contingent dans les garde-côtes et les services aériens.
ÉCONOMIE
La principale source de revenus du pays provient du canal. La zone franche de Colon, la deuxième du monde après celle de Hong Kong, est une des assises de l'économie du pays, ainsi que le système des pavillons de complaisance qui assure au Panama d'importants revenus et en fait le deuxième pays du monde pour l'importance de la flotte.
Le produit intérieur brut (PIB) du Panama était, en 1996, de 8,24 milliards de dollars, soit 3,080 dollars par habitant. Seul un tiers des habitants dispose d'un véritable travail salarié. Le reste de la population travaille dans l'agriculture de subsistance, le secteur informel ou est au chômage. Près de 17% des salariés appartiennent à un syndicat.
Agriculture
Environ 8% du territoire panaméen est consacré à l'agriculture. Les principales cultures sont la banane, la banane plantain, la canne à sucre, le riz, le maïs et le café. La forêt panaméenne produit divers types de bois, en particulier de l'acajou. Les importantes réserves forestières du pays sont pratiquement inexploitées en raison d'une mauvaise infrastructure routière. De grandes plantations,
généralement dirigées par des sociétés nord-américaines, produisent des bananes, de la canne à sucre et du cacao.
Mines et industries
Le Panama produit de petites quantités d'or et d'argent et exploite du sel le long de la côte du Pacifique. La plupart des produits manufacturés, tels que le ciment, les cigarettes, les chaussures, les vêtements, le savon, les produits alimentaires et les boissons alcoolisés, sont destinés au marché local. Les produits pétroliers sont raffinés surtout pour l'exportation.
Échanges
L'unité monétaire du Panama est le balboa, qui est divisé en 100 centésimos. Les billets et les pièces américains ont également cours légal, le balboa n'étant en fait que le nom local du dollar américain.
Les principales exportations du pays sont les bananes, les produits pétroliers, les crevettes, le sucre non raffiné et le café. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial du pays (ils reçoivent ainsi plus de 60% des exportations panaméennes). Le Mexique et le Japon sont les autres fournisseurs importants du pays qui importe principalement des carburants minéraux, des machines, des produits chimiques,
du matériel de transport et des produits manufacturés de base.
Le Panama dispose de 11,285 km de routes, y compris une section de la route panaméricaine qui s'arrête, à l'Est, juste avant la frontière colombienne. Le pays est également desservi par 450 km de voies ferrées. La principale ligne de chemin de fer traverse l'isthme depuis Cristobal jusqu'à Panama city. Les principaux ports du pays sont Balboa, Cristobal, Bocas del Toro, Almirante et Puerto Armuelles. La flotte marchande
panaméenne est l'une des plus importantes du monde, bien qu'un grand nombre des navires qui y sont enregistrés appartiennent à des compagnies étrangères et ont des équipages étrangers. L'aéroport international de Tocumen se trouve près de Panama city.
Dans les années 1990, les huit principaux quotidiens panaméens étaient Critica, La Estrella de Panama, El Extra, El Matutino, Mediodia, La Prensa, La Republica et El Siglo.
HISTOIRE
La période coloniale
L'histoire du Panama a été grandement influencée par la position stratégique de cet isthme étroit qui relie l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud et sépare l'océan Pacifique de l'océan Atlantique. Les Cunas, les Chocos et les Guaymis sont quelques-unes des tribus indigènes qui ont occupé la région. Même si ces civilisations n'étaient pas aussi avancées que celles des Mayas ou des Incas, il se peut qu'elles aient subi l'influence
de celles-ci. L'explorateur Rodrigo de Bastidas débarqua sur le territoire en 1501 et, l'année suivante, Christophe Colomb revendiqua le Panama au nom de l'Espagne.
Le Panama servit de base au transport maritime des minéraux, des métaux précieux et des trésors en provenance du Pérou et acheminés vers l'Espagne par un axe traversant le pays d'un océan à l'autre, de Panama city au port de Nombre de Dios, sur l'Atlantique. Dépendant de la vice-royauté du Pérou, le Panama fut intégré à la Nouvelle-Grenade au début du XVIIIième siècle et resta sous la domination espagnole jusqu'en 1821. La Nouvelle-Grenade
fut alors rattachée à la république de Grande-Colombie, créée sous l'égide de Simon Bolivar. En 1826, Bolivar réunit les gouvernements des cinq États de la Grande-Colombie, à Panama city, lors du congrès panaméricain, afin de construire avec eux l'unité du continent sud-américain. Il mourut cependant en 1830, avant d'avoir consolidé cette unification.
Le canal et l'indépendance
Déjà, en 1855, les Américains avaient achevé la construction d'une voie ferrée qui traversait le Panama d'un océan à l'autre. Les Espagnols avaient eu l'idée de construire un canal pour relier les deux océans, mais ce fut un Français, Ferdinand de Lesseps, qui, en 1880, réalisa finalement la première tentative avec la Compagnie universelle du canal interocéanique. Les travaux furent cependant interrompus neuf ans plus tard en raison d'un grave scandale
politico-financier qui secoua la IIIième République française. En 1903, la Colombie refusa aux États-Unis le droit d'achever le canal. En réaction, les États-Unis incitèrent le Panama à se soulever. Le 3 novembre de cette même année, la Colombie dut alors consentir à la création de la république du Panama. Des troupes américaines furent envoyées pour soutenir le nouveau gouvernement panaméen et, dès le 18 novembre, les droits du canal furent vendus aux États-Unis.
Le canal fut achevé en 1914, et devint un passage obligé pour les bâtiments naviguant entre les océans Atlantique et Pacifique, leur évitant le long, et souvent périlleux, voyage autour du cap Horn, à la pointe de l'Amérique du Sud. Les États-Unis contrôlaient le canal, et la plupart des postes de direction furent confiés à des citoyens américains.
La vie politique depuis l'indépendance
Depuis l'indépendance, acquise en 1903, la vie politique du Panama a connu des soubresauts, les relations souvent tendues avec le voisin américain en étant un enjeu important. En 1968, à la suite d'une série d'élections contestées et de crises constitutionnelles, le général Omar Torrijos, commandant de la garde nationale, s'empara du pouvoir.
Il obtint en 1977 la ratification par le Sénat américain d'un traité signé par le président Jimmy Carter qui prévoyait le rétablissement, en plusieurs étapes échelonnées jusqu'à l'an 2000, de la souveraineté panaméenne sur la zone du canal de Panama. Les États-Unis continueraient de garantir sa neutralité. À la mort de Torrijos, en 1981, son ministre de la Défense, le général Manuel Antonio Noriega devint de plus en plus influent. En 1988, Eric Arturo Delvalle, devenu président en 1985,
essaya de chasser Noriega, lequel, par la suite, destitua Delvalle. Noriega gouverna en tant que chef de l'Assemblée nationale et décréta l'état d'urgence. Bien qu'il permît le déroulement d'élections en mai 1989, il s'opposa à l'entrée en fonction du nouveau président élu, Guillermo Endara (qui était un de ses adversaires politiques).
Le régime de Noriega devint de plus en plus répressif et corrompu. Les relations avec les États-Unis se détériorèrent, le président américain, George Bush, appelant en mai 1989 l'armée et le peuple panaméens à renverser Noriega. En octobre 1989, une tentative de coup d'État contre Noriega échoua et le 20 décembre de la même année, les États-Unis envoyèrent des troupes au Panama (opération "Juste cause"). Noriega se réfugia dans la nonciature du Vatican, mais il fut extradé aux États-Unis; en 1990, les Américains installèrent au pouvoir Guillermo Endara. Reconnu
coupable de trafic de drogue, Noriega fut condamné, en 1992, à purger une peine de prison de quarante ans aux États-Unis. Les objectifs du nouveau gouvernement furent d'introduire des changements constitutionnels et de rétablir la stabilité, mais peu aboutirent.
En 1994, Ernesto Perez Balladares, du Parti révolutionnaire démocratique, fut élu président.
En 1999, la question de la restitution par les États-Unis de la zone du canal, le 31 décembre de la même année, a été au centre des discussions. Le commandement américain des forces spéciales pour le sud (Socsouth) devait quitter Panama pour s'installer, à l'été 1999, à Porto Rico.
Lors du référendum du 30 août 1998, les électeurs ont exprimé leur refus d'autoriser le président Ernesto Perez Balladares à briguer un second mandat. Mireya Moscoso, veuve de l'ancien caudillo Arnulfo Arias, candidat de la coalition d'opposition Union pour le Panama, a remporté les élections présidentielles du 2 mai 1999.
* Le texte provient de "Panama (État)", Encyclopédie Microsoft Encarta 2000 © 1993-1999 Microsoft corporation. Tous droits réservés.
| Ce site a
été créé le 26 Mars 2002 |

retour page Panama
retour page Passion Plume
© 2002 Laval Roy